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La Barbade - Tobago

 

 

Jeudi 18 décembre les équipages de Merlin, Penn-Kalet et Audélie, soit 6 adultes et 6 enfants partent de bon matin pour une visite de La Barbade. Un peu de marche à pied pour arriver à la station des bus et nous voilà dans un bus roulant à une vitesse folle vers Harrison's Caves, notre destination. Le bus est un moyen économique de ce déplacer (1,5 $ Barbados soit environ 0,75 € par personne) mais il faut avoir le coeur bien accroché, la végétation luxuriante de la Barbade entre souvent par les fenêtres grandes ouvertes, arrachant des feuilles au passage, la musique hurle ses rythmes créoles dans les haut-parleurs du bord et le chauffeur semble plus intéressé de saluer d'un coup de klaxon les connaissances qu'il croise (et elles sont nombreuses !) qu'à tenir sa gauche (héritage anglais). Enfin on espère que les freins sont en meilleur état que les amortisseurs qui ont rendu l'âme, à moins que le bus n'en soit pas équipé en série.

Harrison's Caves sont des grottes naturelles, elle ne valent pas les splendeurs des grottes du sud de la France mais sont très étendues, on les parcours d'ailleurs avec un petit train qui amuse beaucoup les enfants. Le prix de la visite est élevé, et je me demande si nous aurons assez d'argent pour finir la journée. Penn-kalet après avoir acheté les tickets se pose aussi la question.

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En sortant de la grotte un jeune homme nous montre le petit singe qu'il a récupéré après la mort de la mère. Les enfants et les grands veulent tous le même !

Un peu de marche encore pour revenir sur la "grand route" afin de reprendre un bus et nous allons vers Bathsheba, sur la côte au vent, le site est superbe : une magnifique plage bordée de cocotiers parsemée d'énormes rochers à quelques mètres du rivage dont la base s'est peu à peu érodé. Des colosses aux pieds d'argile à l'équilibre un jour compromis. Un grand espace de pelouse arrive jusqu'à la plage lui donnant encore plus de charme. C'est là que nous pique-niquons et passons l'après-midi entre baignade et promenade en bord de côte où les enfants trouvent sur les plages de beaux coquillages et de superbes gorgones que l'on ramènera.

   

Un bus nous ramène à Bridgetown ou Valérie et moi partons faire quelques courses en complément d'avitaillement pendant que les filles partent sur Merlin pour se baigner. Nous finissons tous ensemble cette superbe journée sur Merlin et faisons connaissance avec Clément, le skipper solitaire de Vélum, arrivé dans la journée après ses 20 jours de traversée de l'Atlantique. Soirée très sympa qui nous fait presque regretter de devoir partir demain matin pour Tobago. Nous nous promettons de nous retrouver tous ensemble le 31 décembre à Charlotteville à Tobago.

Audélie dérape son ancre à 8 h le vendredi 20 décembre. Premier arrêt, le Port de commerce de Bridgetown pour faire les formalités de sortie. Pas facile de s'y amarrer, l'endroit où nous nous étions mis pour les formalités d'arrivée est occupé par un cargo, et les autres quais ne sont vraiment pas conçus pour de petits bateaux. Après quelques hésitations, on se place tant bien que mal entre deux butoirs à paquebot. Valérie reste avec un pare-battage à la main pour protéger Audélie qui risque de cogner sur des espèces de débordements pendant que je file faire rapidement les formalités. Ce ne sera pas rapide du tout ! Les fonctionnaires des douanes et de l'immigrations sont partis faire leur travail sur l'un des paquebots qui est entré peu de temps avant nous.

Une heure plus tard, ils reviennent, je commence par l'immigration, qui me fait remplir un papier et en tamponne un autre, puis il me faut ensuite me rendre à la douane qui me rend un des documents remplis le jour de l'arrivée sur lequel un nouveau tampon est apposé. Puis passage à nouveau par l'immigration qui doit également tamponner le même papier. Bigre, c'est compliqué ! Mais je reste toujours poli et souriant, c'est une règle que je me suis fixé par rapport aux formalités. D'autres équipages qui attendaient après moi n'avaient pas exactement cette attitude et je suis persuadé que ça complique encore plus la situation.

A 10 heures 30, nous partons enfin pour Tobago distante de 138 miles. Un bon vent de travers nous pousse à 6 noeuds. Le passage d'un grain en début de nuit anime un peu la soirée, mais la nuit sera tranquille et le bateau avance rapidement. Ca nous change de la traversée. Au lever du jour le nord de Tobago est visible. L'ancre se pose à midi à Store Bay dans le Sud-Ouest de l'île. Nous décidons d'aller faire les formalités de suite après le repas pour être tranquille. Le guide Vagnon dit qu'on peut les faire directement à l'aéroport sans être obligé d'aller à Scarborough, la capitale qui est au Sud-Est de l'île.

La baie et superbe, grande, entourée de plages de sable blanc avec cocoteraies. C'est très "carte postale" pourtant nous nous sentons un peu isolé, car la baie est grande, il y a peu de bateau au mouillage, et pour la première fois, aucun français.

Ici, pas de pontons de débarquement pour les annexes. Nous devons arriver sur la plage, la mer est belle, mais des petits rouleaux se forment près du rivage et je pressens qu'il doit être facile de rater son arrivée. Ce ne sera pas pour cette fois ci, mais il a fallu slalomer entre les roches qui affleurent. Une route borde la plage, et les avions en approche d'atterrissage nous indiquent que l'aéroport n'est pas bien loin.

Nous retirons à un distributeur quelques sous locaux, des TT (prononcer titi), ne sachant pas trop qu'elle en est la valeur. A côté de la banque, un cyber café laundry (the first of the world, dit la pub, et c'est plutôt malin comme idée), on en profite pour informer les familles où on est. Arrivés à l'aéroport, personne n'a trop l'air de savoir à qui nous adresser pour les formalités d'arrivée d'un "yacht", on nous envoie à un officiel qui sait ! A l'immigration, on remplit des tas de paperasses, et on nous déleste au passage de 150 TT (Gros Minet n'est pas loin !) pour overtime, c'est une taxe qui ne s'applique aux formalités que si on les fait en week-end, la prochaine fois on évitera ce genre de situation. Il s'avère que le Titi vaut à peu près l'équivalent du Franc, soit 7 TT pour 1 €. L'officier nous expédie aux douanes, le bureau d'à côté. La dame ne veut pas entendre parler de nous. "On fait pas ça ici ! vous devez aller à Scarborough". Le tout en anglais local évidemment. Une dame parlant bien le français nous sert gentiment de traductrice et nous conseille d'aller de suite à Scarborough car il serait fâcheux que les formalités de douane ne soient pas faites en même temps que celles d'immigration, ça nous vaudrait même une amende.

Nous prenons donc un taxi très empressé de nous servir... Scarborough est à 15 km et nous allons directement aux douanes. Dès que nous avons passé la porte du bureau, l'employé nous dit : " Vous êtes Audélie ?" Bref, ils s'étaient téléphoné et je n'ose pas imaginer le montant de l'amende si nous n'y avions pas été de suite. Re-paperasse à gogo, et nouvelle ponction de 80 TT au passage. Je reste toujours poli et souriant (mais peut-être un rien crispé ?).

La nuit tombe quand nous sommes enfin libres ! Le taxi nous a attendu et nous propose de nous ramener... Mais oui, je vous déposerais devant un supermarché, pas de problème, le prix ? Ne vous inquiétez pas, cool, tout va bien. Je sens bien encore un gros minet sur mes titis. Le supermarché où nous espérions plus de choix et moins cher qu'à La Barbade ne réponds pas à nos espérances, mêmes types de produits et très chers. Nous faisons quelques commissions et le taxi nous dépose devant la plage et mes craintes se sont confirmées, la course nous a coûté un gros tas de titis !

Le soir nous décorons le carré d'Audélie en prévision de Noël, on a beau être sous les tropiques, la tradition c'est la tradition et à défaut de sapin, l'épontille est couverte de guirlandes et on suspend des boules de toutes les couleurs.

L'avion de Philippe doit arriver le lendemain à 11 h 15. A 10 h, nous partons pour l'aéroport. A 11 h 15 deux avions arrivent. Pas de Philippe, nous nous renseignons pour savoir quand arrivera le prochain avion de Trinidad ( l'île voisine par laquelle il transite). Déjà se renseigner n'est pas évident, il faut faire la queue au guichet d'enregistrement des départs et là on vous réponds d'un air vague... "D'ici une heure à peu près". 12 h 05 deux avions, personne. 13 h deux avions, toujours pas là. Le problème si on le rate, c'est que je ne sais pas comment nous le récupérerons puisque nous n'avons pas de moyen de communication, à tout hasard on lui envoie un mail... Nous décidons de manger à l'équivalent du Mac Do local pour attendre l'avion de 14 h 15, et après nous aviserons sur la conduite à tenir.

Philippe était bien dans celui de 14 h 15. Il avait un billet de la LIAT et l'avion était en panne et pas question de prendre la navette des autres compagnies.

Nous partons à pied, chargés des bagages qui contiennent le frigo. Baignade dès l'arrivée au bateau. Pendant que Philippe se repose un peu, j'installe le groupe froid, sans trop de problème, et en plus, ça marche du premier coup ! Rare ! Philippe nous amène également plein de cadeaux pour toute la famille de la part de copains du Caousou. Ca fait chaud au coeur.

Le lendemain, CNED pour les filles. Je pars avec Philippe en annexe pour un tour exploratoire de Store Bay. Il semble que cette splendide baie, réputée riche en coraux soit réservée aux plongeurs bouteilles, les coraux de surfaces sont détruits ou très abîmés. Nous assistons à l'arrivée des pêcheurs, Philippe négocie deux langoustes pas trop grosses (il faut bien qu'on puisse les cuisiner à bord) et un magnifique poisson que les locaux appellent red snapper. Le déjeuner sera excellent et un prix tout à fait sympa, la viande et l'épicerie sont chères mais les produits de la mer très abordables.

Premier "repas poissons" délicieux, riche même qui nous entraînera dans une sieste que nous aurions voulu plus courte, au réveil, la nuit n'est pas loin de tomber.

Philippe pour fêter son arrivée nous invite au restaurant, et à la nuit tombante, nous partons vers "Le Panach", qui nous a été recommandé par des habitants du coin. Soirée agréable et repas de qualité. Le retour à bord est un peu agité, la marée est basse, prudent, je décide de partir de la plage à la rame car les récifs sont invisibles de nuit. Dès les premiers mètres, l'annexe racle, et pas de passage en vue, Valérie, Philippe et moi sautons de suite à l'eau pour alléger l'annexe et la tirer, quand il y a un caillou, on touche, et on s'écorche les pieds, et quand il n'y en as pas, on n'a plus pied, et il faut nager, bien entendu, nous sommes habillés, le tee-shirt de sortie de Philippe n'aura pas passé le cap de la première soirée ! Heureusement l'eau est toujours à 29°.

Le 24 décembre, départ pour Englishman Bay, quelques heures de voile et de moteur suffisent pour y arriver, et nous nous retrouvons dans un amphithéâtre de verdure, une magnifique forêt vierge descend jusqu'à la plage bordant la baie. Audélie est le seul bateau au mouillage, et il n'y a que 4 ou 5 personnes sur la plage.

Baignade et plongée découverte des fonds sont au programme immédiat.

Soirée festive ensuite dans ce lieu magique avec foie gras bien sûr et spécialité du cru : le jambon fumé de Noël cuit au four avec des ananas.

Le jour de Noël, après l'ouverture des cadeaux, direction la plage, baignade, repos, et repas de midi dans l'estaminet local, 4 piquets et un toit de tôle, 4 tables sur le sable. Un menu local sympa avec vue sur Audélie au mouillage. La belle vie quoi !

Les trois jours passés a Englishman Bay passent trop vite, et je ne pense pas que nous retrouvions de sitôt un site aussi enchanteur seul au mouillage. Nous en aurons profité jusqu'a la dernière minute.

Samedi 27, départ pour Charlotteville au nord de l'île. Vent dans le nez, nous faisons les 8 miles qui nous en séparent au moteur, et à 13 h nous mouillons par 12 mètres de fond. Les superlatifs vont finir par nous manquer pour décrire l'endroit, le petit village de Charlotteville est au fond d'une vaste anse composée de 2 baies, Pirate bay et Man of War bay. Pirate Bay, un joyau, est relié au village par un chemin. Par contre nous ne sommes pas seuls, il y a 26 voiliers au mouillage. Comme à Englishman Bay, la forêt (rain forest) est omniprésente et seules les plages et le village en émergent. On peut rester à la plage, avoir les pieds rafraîchis par les petits rouleaux tout en restant à l'ombre des derniers arbres de la forêt très dense.

La soirée se finit dans un restaurant de Charloteville qui ne nous laissera pas d'impérissables souvenirs. Philippe, pourtant prof d'anglais, s'arrachait les cheveux : après avoir commandé de la glace au chocolat, c'est du gâteau qu'il a eu, et il s'estime heureux de ne pas avoir hérité d'un poulet-frites car s'il avait l'impression souvent erronée qu'on le comprenait, lui essayait de reconstituer ce qu'on lui expliquait, à partir d'un ou deux mots qu'il croyait avoir saisi.

Journées calmes, rythmées par les cours du CNED, les longues baignades et les petites balades.

Lundi 29 au soir, le temps a semblé se modifier pendant que nous dînions, les bateaux tournaient dans tous les sens malgré le petit vent, signe qu'un courant agitait la baie, d'autre part, le mouillage si calme jusque là commençait à être un peu rouleur. Nous nous couchons, j'arrive même à m'endormir un peu malgré un sentiment de malaise. Vers 1 h du matin, le bateau tangue réellement et le vent souffle. Je me lève pour observer : du vent pas très violent mais soutenu, un ciel très noir, et surtout le bateau qui tangue fort en tirant brutalement sur son mouillage. Je ne suis pas très rassuré car le vent nous pousse maintenant vers la falaise, alors que jusque-là il nous poussait vers le large. La ligne de mouillage a dû se tendre complètement et les récifs sur lesquels les vagues explosent ne sont plus qu'à une vingtaine de mètres. Je décide de rester dehors pour voir comment évolue la situation. Valérie me rejoint assez vite. La pluie commence à tomber, puis se transforme en déluge et le vent monte d'un cran. Je décide de changer de mouillage pour m'éloigner des rochers.

Une fusée de détresse rouge a été lancée, semble-t-il du côté du coté de la plage, j'allume la VHF pour savoir ce qui se passe, les conversations sont en français, un bateau a dérapé et se trouve drossé sur les rochers. Je ne peux pas faire grand chose, j'ai mes propres soucis. Philippe se lève à son tour. A ce moment là, un coup de tangage plus violent suivi d'un petit choc nous signale que l'annexe alourdie par la pluie a arraché son point d'ancrage, elle n'est plus tenue que par le câble antivol que j'avais installé en soirée.

La récupération de l'annexe ne sera pas facile, elle est pleine d'eau : d'abord enlever le moteur, puis fixer les palans du bossoir. Audélie ressemble maintenant à un cheval fougueux, tirant sur son ancre dans des vagues de près d'un mètre. Si dans la manoeuvre l'annexe passe sous la plate-forme arrière, elle peut être coulée,ou la plate-forme abîmée, sans parler d'une jambe ou d'un bras qui seraient entre les deux. en synchronisant bien nos mouvements entre Valérie, Philippe et moi, l'annexe est enfin remontée au deuxième essai. On la vide et on l'amarre correctement. Deux autres fusée rouges partiront pendant ce temps.

La pluie continue à tomber violemment quand on s'attaque à relever le mouillage. La plupart des bateaux de la baie ont maintenant allumé leurs feux de mouillage, ce qui veut dire que tout le monde est sur le pont à veiller au grain (au sens propre du terme).

Dans un premier temps, il faut relever le "kougloff", poids de 15 kilos que j'installe pour plomber un peu la ligne d'ancre. Evidemment celui-ci s'est entortillé avec le cordage. Philippe me tient la ligne tendue pendant que, couché sur l'étrave, je fais tourner le kougloff autour de la ligne. Je me fais tremper intégralement, l'étrave d'Audélie enfournant entièrement dans les vagues. Une fois le kougloff rentré, on remonte la corde du mouillage, Philippe et moi tirant tant que nous pouvons. Valérie est à la barre, prête à embrayer le moteur dès que l'ancre décrochera. Après le cordage, la chaîne d'ancre peut être remontée au guindeau ; en fonction des mouvements du bateau, on embraque quand il enfourne, et on attend quand l'étrave remonte.

s que le mouillage est relevé, Valérie nous éloigne de ces cailloux, il faut maintenant choisir un nouvel emplacement. Tous les bateaux ont leur feu de mouillage allumé, donc on les repère, mais une goélette que nous savons être dans notre axe reste dans le noir. Après quelques hésitations et en éclairant comme nous pouvons avec notre spot, on remouille beaucoup plus au large par 17 mètres de fond. L'ancre croche de suite, et je largue la totalité de ma ligne de mouillage soit 55 mètres.

Audélie bouge beaucoup, mais nous sommes maintenant en sécurité. Le grain faiblit un peu, nous repartons nous coucher.

Nous apprendrons le lendemain que c'est avec des annexes équipées de moteurs puissants que le bateau couché sur les récifs à été sorti de son inconfortable position, il s'en sort avec le pavois arraché et un hublot explosé.

Le temps s'est dégradé, la houle rentre bien dans le mouillage et dès le matin, plusieurs bateaux quittent la baie. Nous restons, je suis persuadé que la situation n'est pas meilleure ailleurs.

Vers midi, sous un nouveau grain, Merlin, la bateau de nos amis rencontrés à la Barbade arrive. Ce sera plus sympa d'attendre ensemble le retour du beau temps.

Mercredi matin, le soleil est encore timide, le mouillage roule encore un peu quand Philippe nous quitte pour rentrer vers Toulouse.

Il rencontrera en attendant son avion à Scarborough l'équipage de Penn Kalet qui est au mouillage là-bas, et ils passeront l'après-midi ensemble.

Merlin et Audélie se préparent à passer ensemble la soirée du 31 décembre.

Au programme des journées à venir, nous allons redescendre vers Store Bay avec Merlin pour rejoindre Penn Kalet, puis aller à Trinidad faire un carénage dont tous les bateaux ont bien besoin.

Audélie et son équipage souhaitent à tous :

UNE BONNE ET HEUREUSE ANNEE 2004.

 

 

   
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