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Les Canaries et ... retour à Toulouse

 

 

La dorade coryphène dégustée dans le cockpit d'Audélie est délicieuse, tout comme le riz accompagné d'une petite sauce aux tomates et oignons fris. Les vins du Tariquet au Bordeaux ont aidé tout le monde à faire amplement connaissance, et ce moment de convivialité entre tous nos voisins de quai a duré une bonne partie de l'après-midi.

D'ailleurs à ce propos, il faut savoir que tout le monde a toujours beaucoup de choses à raconter et d'expériences à partager, et donc que les apéros sur les quais sont fréquents, il faut donc s'en méfier, car d'apéros en apéros, qui durent des heures, en grignotant cacahuètes et autres biscuits, on finirait pas ne plus manger correctement, et par boire plus que raisonnablement. Pour ma part, je m'en tiens à un apéritif, suivi ensuite par des jus d'orange ou de l'eau.

Dès le lundi, je vais faire les formalités au port et à la police. Après examen des tarifs, il s'avère qu'en réservant une place pour 3 mois et en payant d'avance, nous pouvons bénéficier de 20 % de réduction, je paye donc 3 mois de port, ce qui nous amènera jusqu'au 3 novembre.

L'après-midi, nous partons à la découverte de Santa-Cruz, ville aux larges avenues bordées d'arbres fleuris et rues piétonnes aux nombreuses boutiques d'électroniques. Le programme de l'après-midi est double : recherche d'une girouette-anémomètre pour remplacer celle d'Audélie qui à profité du coup de vent pour tomber en panne et recherche d'un "Centro de Salud" pour refaire le pansement de Valérie.

La Capitainerie nous avait indiqué des shipchandlers sur un plan, mais nous avons du mal à les trouver, nous en "dégottons" un, et dans une vitrine au fond du magasin, il y a une girouette anémomètre VDO qui a probablement plus de 10 ans. J'en demande le prix, et après toutes les réductions d'usage pour touriste, il me la fait à 87O €... les prix des catalogues en France pour ce type de matériel vont pour de l'électronique moderne entre 500 et 1 200 € pour des modèles avec loupe de près. Nous laissons tomber pour le moment. Le centre de santé est rapidement trouvé, et c'est une infirmière très sympa qui refait le pansement de Valérie. Là, comme à l'hôpital, nous ne présentons que le passeport et la carte Vitale.

En soirée nous prenons l'apéro sur Hylas. Alain, son propriétaire, est connu dans le milieu de la plaisance et dans celui des forums de navigation internet. Il est l'inventeur de l'ancre Spade, donnée comme l'une des meilleures ancres au monde. Il me raconte son parcours, et comme il navigue en permanence à bord de Hylas, qu'il a construit lui-même, il a une grande expérience de navigation. Nous passons en sa compagnie et celle de Fabienne des supers moments. Alain et Hylas sont également connus pour la "pompe à rhum". En effet, il a installé dans l'épontille de mat, une réserve de 10 litres de rhum actionné par une petite pompe : 1 coup de pompe égale la dose nécessaire à la préparation de la Caipirinha. Délicieux et difficile de consommer avec modération ! J'atteste donc auprès des lecteurs de forums nautiques que cette pompe existe bel et bien et qu'elle fonctionne parfaitement !

Le mardi nous repartons en ville à la recherche des autres shipchandlers. Les prix pour une girouette-anémomètre sont sensiblement plus chers qu'en France. Déception. Tout le monde disait que les prix détaxés étaient très intéressants... nous ne l'avons pas constaté : pour les shipchandlers, ce n'est pas exact, et pour les magasins d'électronique en détaxe, peut-être sommes nous mal habitués avec l'Andorre, mais ce n'est pas mieux.

 

Les filles passent tout leur temps avec Julien et Jacques, les enfants de Frédéric et Katleen d'Artemo, le Chassiron TM (pour Pascal, il s'agit du n° 22 de la série). Ils ont acheté Artemo il y a 2 ans, ont liquidé toutes leurs affaires courantes, et sont partis pour quelques années faire un tour qui s'arrêtera quand ils trouveront un coin qui leur plaira pour reposer leur sac à terre. Ils sont tous les deux d'une grande gentillesse, avec la volonté de rencontrer leurs voisins, d'en faire connaissance et de partager. Katleen est américaine, leurs enfants sont donc parfaitement bilingues. Emilie et Claire seront inséparables de Jacques et Julien jusqu'à leur départ. Julien du haut de ses 9 ans est un pêcheur de talent qui montrera avec beaucoup de patience à Emilie les techniques de la pêche. Ils passeront des heures à pêcher, jouer sur Artemo, ou regarder des films sur Audélie.

Mercredi, arrivée de Jean-Yves d'Equinox, avec qui nous avons déjà sympathisé à Madère. Il est surpris mais content de nous retrouver ici. En discutant, il me conseille d'essayer de faire tomber le prix du VDO qu'il considère comme ce qui s'est fait de mieux dans le genre en fiabilité et en qualité. En tout cas supérieur aux modèles électroniques actuels. Entre autres avantages, je n'aurais pas à en ramener un de France, et ensuite il peut me l'installer (je ne suis pas très à l'aise en tête de mat). Je repars donc "négocier". Il me faudra 2 jours supplémentaires pour arriver à un prix de 560 euros. Je la prends. C'est un modèle analogique avec loupe de près, de très bonne qualité de fabrication. Jean-Yves passera courageusement sous un soleil torride plus de 3 heures en tête de mat pour me l'installer et démêler le "sac de noeuds" que le câble de l'ancien faisait dans le mat avec les drisses (ce qui avait causé la panne). Merci Jean-Yves !

Les jours passent : apéros, grillades, sieste, plongeon dans la marina, promenade, tchache avec les voisins, activités d'entretien...

Arrive le samedi, nous avions "chauffé" Abdine pour qu'il nous fasse un couscous. Abdine navigue sur un Brise de Mer 34, c'est un personnage pittoresque, d'une grande culture (il a quand même une maîtrise en physique et en maths), d'une faconde "com' la-bas", d'un répertoire d'histoires dont nous ne pourrons jamais vérifier la véracité, toutes plus extraordinaires les unes que les autres (il a été éleveur de porcs en Ariège, garde du corps de Jean-Paul Sartre, copain de Gainsbourg, seul rescapé d'une catastrophe aérienne et de deux naufrages, premier opérateur de Minitel rose, j'en passe et des meilleures), le tout avec l'accent des banlieues parisiennes. Toujours habillé avec des vêtements à l'état de guenilles ("Ca va non ? J'vais pas sortir mes beaux habits des housses en plastique pour bricoler et machin et tout ça !"). Roi de la photocopie, toutes ses cartes originales sont photocopiées ("Ca va pas non, j'vais pas abimer mes originaux, et machin et tout ça !"). Arborant dans ses barres de flèche un jour le pavillon berbère, le lendemain celui du Tibet... il s'apprête à poursuivre sa route vers le Cap Horn.

Bref tout le ponton s'est retrouvé autour d'Abdine pour le couscous, assis par terre avec les passerelles posées sur des seaux pour servir de table, il était délicieux ! Les vins apportés par Frédéric coulaient à flot, j'avais pour ma part fait ma "mousse au chocolat de Grand-Maman". Beau succès également.

L'épisode de la bouée à la mer et la difficulté que nous avons eue à la garder en vue, nous avaient fait repenser à l'éventualité de l'achat d'une perche IOR. C'est fort cher. David, autre voisin de ponton en vendait une ("Tu comprends, en solitaire si je tombe à l'eau, même avec ma perche..."), bref après négociations, nous l'avons acheté avec son support. David est indien du Canada, indépendant, noceur, amateur de bière, pastis, fêtes, et filles, c'est un bon vivant, il a acheté son bateau, un Trintella IV en Hollande après avoir gagné au jeu à Las Vegas. David navigue au gré de son inspiration, après la descente de Hollande, il a fait la Méditerranée, et se dirige maintenant vers le Canal de Panama pour aller en Polynésie. Son moteur est en panne, il envisage de le changer, ce qui fait qu'il pense rester un bon moment à Santa-Cruz. Il navigue depuis son départ sans pilote automatique, barre donc tout le temps, met à la cape pour dormir et se nourrit en traversée de sandwiches et de boissons énergétiques. David est également un personnage très atypique mais si sympathique.

Le11 août, c'est la fête de Claire qui invite Jacques et Julien à partager le gâteau au chocolat que Valérie a confectionné. Finalement même en doublant les proportions de la recette, il s'avérera bien petit, les voisins réclamant aussi leur part ! Claire est ravie de son cadeau, le jeu de Super Mario pour Game Boy, presque comme celui de Julien !

En mer si elles ont dévoré leurs bouquins (surtout les BD), à terre avec les copains elles partagent d'autres centres d'intérêt, la pêche et la Game-Boy, quelques jours plus tard avec Alexia, une nouvelle copine qui arrivait de Corse, la tendance était poupée Barbie...

Nous avons loué une voiture pour 2 jours, les 12 et 13 août, pour visiter Tenerife.

Mardi, nous partons vers le Nord de l'île en compagnie de Jean-Yves, de sa femme José et de Geneviève une amie, arrivées toutes deux en avion quelques jours auparavant.

Puerto de la Cruz est une ville agréable et très vivante, très différente de Santa-Cruz. Un minuscule port de pêche, de nombreuses rues piétonnes aux très belles maisons de style traditionnel canarien avec leurs très beaux balcons en bois. Malgré ces nombreux complexes hôteliers, cette grande station balnéaire garde son cachet. Les plages sont de sable noir et l'accord du vert des palmiers, du bleu de l'océan et de cette couleur d'encre est saisissant.

Visite ensuite du Parc National du Teide. Extraordinaire volcan dont la dernière éruption remonte à 1792. Des hectares de lave rouge sans végétation, avec un aspect chantier de grands travaux de terrassement ou bien du gravier de lave suite à des projections à des kilomètres de hauteur. Malheureusement, nous ne verrons pas le Teide lui-même, il a son petit nuage personnel qui ne le quitte que très rarement

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Retour par la route des crêtes, qui permet d'apercevoir l'océan des deux côtés de l'île et de traverser une jolie forêt de pins et d'eucalyptus. Le soir, champagne et tiramisu, nous fêtons l'anniversaire de Josée

 

Mercredi, nous repartons seuls, vers l'Est de l'île d'abord ou nous nous arrêtons sur la plage de Santa-Cruz appelé "Playa Teresita" pour que les filles se baignent. Cette grande plage est artificielle, le sable blanc (il est noir sur toute l'île) a été importé du Sahara et elle est cernée par des digues de retenue. Beaucoup de monde.

 

Nous poursuivons notre chemin sur des routes escarpées vers de magnifiques points de vue. Au fur et à mesure de la montée, les collines arides se couvrent de végétation, nous traversons une forêt offrant ombre et fraîcheur et au détour d'un virage nous découvrons une aire de pique nique en sous-bois. Justement il est temps de déjeuner : nous avions préparé une salade de riz pour le pique-nique, mais nous avons oublié les couverts ! Valérie a adopté la technique africaine avec un certain succès, par contre moi, ce fut plus laborieux, il y en avait partout, un repas folklorique ou Valérie a beaucoup prié pour que personne d'autre ne s'arrête au même endroit que nous.

L'après midi, visite de La Laguna, village inscrit au Patrimoine de l'Humanité. C'est effectivement très beau, tout le centre ville a conservé ses maisons coloniales d'autrefois, rues pavées, riches demeures aux façades colorées. Nous sommes sous le charme et flânons au hasard des rues désertes, il semble que le temps se soit ici arrêté. Nous y passerons quelques heures très agréables.

Jeudi, la fin du séjour approche et il faut maintenant penser à ranger le bateau. Tout d'abord, je souhaite le changer de place, il est actuellement sur le ponton de passage, et comme son nom l'indique, il y a beaucoup de mouvements de bateaux et la saison ne fait que commencer. Je souhaite le mettre sur un ponton plus calme et mieux protégé. Le chef de port me propose d'abord une place qui me paraît à peine mieux que la nôtre, puis après discussion finit par me proposer une place plus tranquille sur la fin d'un ponton de bateaux sédentaires.

Nous déménageons, puis rangeons le bateau de fond en comble, et enfin nettoyage du pont au Karcher prêté par Jean-Yves.

Un dernier apéro le soir avec Jean-Yves, Josée, Geneviève, Abdine et David.

Vendredi matin, derniers rangements, vérification des amarres, et à midi, nous quittons la marina. Achat de sandwiches sur la Place d'Espagne proche du port, et taxi jusqu'à l'Aéroport Nord à La Laguna.

Voyage en avion sans histoire qui nous permet de visionner de haut le voyage fait en bateau dans l'autre sens.

Santa-Cruz Gibraltar

Notre destination : Barcelone. On a en effet choisi de voyager sur une compagnie espagnole, Air Europa, dont le tarif (667 € pour nos 4 A/R) était beaucoup plus intéressant que les compagnies françaises mais évidemment il faut ensuite rejoindre Toulouse. Hubert et Liz, la soeur de Valérie, ont très gentiment répondu à l'appel. Partis le matin de Castanet à côté de Toulouse, ils nous accueillent dans la grande aérogare de Barcelone, nous avons une foule de choses à leur raconter, ils nous confirment la vague de chaleur qui touche l'Europe et les températures caniculaires qui nous attendent à la maison. Lundi, la reprise du travail sera dure.  

Les filles, elles, sont ravies, en attendant de retrouver leurs copains aux Canaries, elles iront voir leurs papi et mami à Mourenx dans les Pyrénées-Atlantiques avant la rentrée des classes, puis un bref passage à l'école de deux mois avant les cours du CNED en classe unique dans le carré d'Audélie (expérience tant redoutée, surtout par leur mère, mais ceci est une autre histoire).

Nous attendons avec impatience le 30 octobre où l'avion nous ramènera à Santa-Cruz pour continuer notre périple.

 

   
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