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Trinidad - Grenadines - Martinique

 

 

 

Les bouteilles de gaz nous sont livrées à 17 h le mardi 20 janvier, nous décidons de partir mercredi. Une journée supplémentaire à la marina ne sera pas superflue : un dernier lavage du bateau, la mise en ligne du site, une dernière machine à laver, les formalités administratives, le rangement du pont, la fixation de l'annexe sur les bossoirs, le changement en dernière minute de la membrane de pompe à eau de mer de servitude ont bien occupé la journée et c'est à 16 h 45 qu'Audélie prend la mer pour les 80 miles qui nous séparent de Prickly Bay à Grenade.

Il faut franchir dès la sortie de Chaguaramas les Bouches du Dragon, un passage entre 2 îles qui ferme le Golfe de Paria entre Trinidad et le Venezuela. La sortie de cette passe est impressionnante, vent contre courant en une ligne de séparation tranchée sur quelques mètres où la mer ressemble à un chaudron de sorcière en ébullition.

La mer est ensuite un peu hachée, mais nous sommes au près bon plein, et filons vite. Je me dis même qu'à cette vitesse là, nous arriverons avant le lever du jour, ce qui ne fait pas mon affaire. Mais progressivement le vent faiblit, et à 1 h du matin, il faut se mettre au moteur. Sur notre route, nous croisons des chalutiers, dont un que nous éviterons de justesse, et nous mettrons longtemps à identifier une plateforme pétrolière dont les feux éclaireront longtemps notre navigation.

Les grains se succèdent et vers 3 h le vent revient, mais malheureusement entre la dérive et un courant traversier de 2 noeuds, il nous faut faire route à 30° de ce vent et restons donc au moteur. Il forcit jusqu'à 4 Beaufort et lève une mer courte et hachée, très moutonneuse. Audélie tape et enfourne assez fort, ce qui ne serait pas un problème si je n'avais pas gardé l'annexe sur les bossoirs. Les coups d'arrêts brusques provoqués par les vagues frontales projettent l'annexe en avant qui rebondit brutalement en imprimant aux bossoirs des mouvements et des tensions pour lesquels ils n'ont pas été conçus, et il est maintenant trop tard pour changer d'option. Je décide donc de ralentir le bateau pour qu'il soulage mieux à la vague et la vitesse se stabilise à 3 noeuds.

Nous arrivons à 15 h 30 à Prickly Bay au terme d'une traversée humide et fatigante. La baie est belle, vaste et très bien abritée, de très nombreux bateaux y sont mouillés. Je pars de suite pour effectuer les formalités d'entrée, mais le bureau est déjà fermé. La soirée se terminera par une baignade et un souper rapide. Nous tombons de sommeil.

Vendredi matin, CNED pour les filles et Valérie, formalités pour moi. Arrivé au bureau des Douanes et Immigration, on me tend un imprimé que je dois remplir en 4 exemplaires, et comme je dois rendre l'original, on m'explique qu'il faut aller à la boutique à côté faire des photocopies. La boutique à côté à ses stocks d'imprimés photocopiés... c'est une affaire qui tourne ! Il me faudra trois quart d'heure d'écriture pour venir à bout de toute cette paperasse, mais ma clearance est faite !

A mon retour sur Audélie, Merlin arrive à son tour. Partis 24 heures après nous, ils n'ont presque pas eu de vent et pas de mer, ils ont mis 6 h de moins que nous. Nous partageons un café commun sur Audélie pour organiser notre visite de l'île.

Samedi matin, nous partons en taxico pour Saint-Georges, la capitale. La ville est tout à fait comme on imagine une ville antillaise, un baie magnifique très bien protégée, des collines escarpées où s'étagent les maisons autour de rues à forte déclivité. Ici, la loi de l'urbanisme est simple : aucun bâtiment ne doit dépasser la hauteur d'un cocotier. Les maisons de style anglais aux briques apparentes se mêlent aux maisons de couleurs vives. Grenade est la capitale des épices : cannelle, muscade, girofle, cumin... et justement aujourd'hui c'est jour de marché, les senteurs s'exhalent dans une atmosphère chaude et bruyante. Ici tous les produits de l'île sont proposés : fruits, légumes, volailles, crabes des cocotiers, épices, les innombrables étals, pourtant étroitement serrés, s'étendent sur les trottoirs de l'autre côté de la rue, le soleil est très chaud, le ciel est menaçant et le grain s'abat avec la violence des pluies sous les tropiques, on se réfugie à temps dans un supermarché, on y fait toujours des découvertes, Isabelle y fait l'achat entre autre d'une gelée de muscade.

Séquence culturelle avec la visite du musée municipal : son originalité est d'être installé dans une ancienne prison. Avec la découverte des cellules, on apprend l'histoire animée de cet état récent, dont le débarquement de l'armée américaine en 1981. On s'intéresse également à la géologie avec l'émergence du Kick'em Jenny, un volcan sous marin à 180 mètres de profondeur et dont on pense qu'une des prochaines éruptions pourrait bien en faire une île nouvelle, juste au nord de Grenade.

Repas dans un petit restau local, : au menu, le traditionnel "roti", crêpe de maïs garnie de curry de porc et nous goûtons pour la première fois au lambi, mollusque extrait de cette énorme coquillage de nacre rose que l'on retrouve sur tous les étals de souvenirs proposés aux touristes.

 

L'après midi, nous prenons un taxico qui nous amène sur la côte Est de l"île. Nous découvrons le relief très accidenté de Grenade et sa végétation luxuriante. Au mépris des règles élémentaires de conduite et de sécurité, le parcours se fera le pied au plancher dans les crissements des pneus à chaque virage, les hurlements de klaxon pour signaler les dépassements bien évidemment effectués dans les virages sur une route détrempée par les fréquentes averses. A 22 dans le Toyota Hiace, nous sommes bien calés et chaque débarquement de passager impose une descente du véhicule aux malheureux assis sur les strapontins et une nouvelle organisation pour l'accueil des nouveaux passagers. Nous arrivons à Grenville soulagés de ne pas avoir fait la culbute au fond d'un ravin.

La ville, située sur la côte atlantique, est protégé de la houle du large par une barrière de corail. Sur la plage couverte de déchets, des barques de pêcheurs sont le seul signe d'attachement à la mer, les maisons, elles, tournent le dos au lagon.

Il y a foule dans les rues, c'est jour de marché mais nous ne sommes pas sensibles aux charmes de Grenville qui est tout de même la deuxième ville de l'île.

Nous passons encore deux journées dans la baie de Prickly. Le ciel gris, les nombreux grains avec violentes rafales nous ont découragés de partir plus tôt. C'est donc le mercredi 28, après avoir remonté l'annexe sur le pont, que nous levons l'ancre pour Cariacou. Nous saluons au passage Merlin, nos routes se séparent, nous nous retrouverons certainement plus tard.

Le trajet se fera au moteur, sans vent sous la côte de Grenade puis avec un force 4 établi et de face pour les 20 miles séparant les deux îles.

Nous mouillons à Tyrell Bay en milieu d'après-midi. Dès l'arrivée, baignade pour vérifier le mouillage. L'ancre est de travers, mais comme il y a peu de fond, je décide de plonger avec un bout, de la redresser avec l'annexe, puis de refaire une bonne marche arrière avec Audélie pour l'enfoncer. Je ne suis pas un bon plongeur, et je n'échappe pas une vive douleur dans les oreilles. Je réussis malgré tout à repositionner l'ancre. Retour sur Audélie, contact, et, rien ! le démarreur ne tourne même pas. Le même incident s'était déjà produit le matin et au deuxième essai, le moteur avait fini par démarré et je m'étais dis que ça ne devait pas être grave. Cette fois ci, impossible de démarrer, insiste un bon moment, ouvre le compartiment moteur, tapote partout, "tidouille" les fils, constate un fil âbimé, "retidouille", ça marche, ouf !

Le lendemain, nous partons avec l'annexe explorer le petit lagon entouré de mangrove, il constitue paraît-il un bon abri en cas de cyclone. Nous poursuivons à pied notre promenade, du haut d'une colline nous découvrons la baie voisine et la petite île de Sandy Island : un véritable décor de carte postale : trois cocotiers sur une langue de sable blanc entourée d'un mer turquoise. Nous décidons d'y aller le lendemain pour y mouiller.

C'est que nous entamons maintenant une marche vers le nord un peu rapide, il ne nous reste que 9 jours pour être en Martinique accueillir nos invités, et ce secteur des îles Grenadines est splendide. Nous allons donc rester peu dans chaque endroit, mais en voir un maximum.

Jeudi à 9 h nous sommes prêts à lever l'ancre. Le moteur n'a pas démarré au premier coup, ce qui veut dire que la panne est toujours là ! Un grain soutenu nous incite a attendre la fin de la pluie pour partir. A 10 h, nous profitons d'une éclaircie, on sort de la baie, contournons la pointe et entrons dans la baie convoitée, l'île est bien là mais un nouveau grain aussi. Les violentes bourrasques me dissuadent de mouiller devant l'îlot peu protégé. Nous continuons donc jusqu'à Hillsborough, le mouillage suivant un peu mieux abrité. Le soleil revient rapidement, nous descendons à terre pour faire les formalités de sortie de l'état de Grenade : une rue principale parallèle à la mer, une petite ville dont la tranquillité cet après-midi là sera peut-être juste perturbée par l'arrivée dans le mouillage de deux grands trois mats dont le Sea Cloud II, imposant paquebot à voile à l'ancienne.

De retour sur Audélie, vers 16 h, nous constatons que tous les bateaux sont partis, nous étions une dizaine vers midi, il n'y a plus aucun voilier, du coup c'est un peu triste ! Bon, eh bien puisqu'ils sont tous partis, on s'en va aussi. Prochaine étape : l'île de Union, état de Saint-Vincent.

Une petite heure de navigation au près, avec une mer belle nous amène au mouillage de Clifton, la capitale de Union. L'accès est un peu délicat, avec de nombreux récifs affleurants. Je bénie la navigation électronique (merci Paul). Nous mouillons à 18 heures, juste avant la nuit.

La baie de Clifton est ouverte sur l'Atlantique mais bien protégée par une barrière de corail, sous le bateau, des patates se distinguent, masses plus sombres sur le fond de sable blanc. Nous sommes ici au coeur des Grenadines et le balai des gros voiliers et catamarans de location est incessant. Moorings, Sunsail décorent les lazy-bags de ces voiliers mais à notre grand désarroi nous leur ressemblons dorénavant par le rythme de navigation : une nuit dans chaque mouillage et on court vers l'île suivante.

Vendredi matin, formalités d'entrée et l'après-midi, sur les conseils d'un sympathique français qui tient à Clifton une épicerie "française" (fromages, vins, baguette !) nous grimpons sur les hauteurs de la ville, la vue sur l'archipel des Tobago Cayes y est magnifique.

Nous faisons la connaissance de Jel & Jok, un Voyage 11.20, son équipage : Joseph et Jocelyne, un couple de retraités qui vient de faire sa seconde transat. Ils décident de se joindre à nous pour faire la route de retour vers la Martinique. Nous partirons le lendemain matin pour les Tobago Cays.

Dès 8 h 30 nous sommes prêts pour le départ, mais un grain nous incite à le retarder. C'est finalement à 11 h que nous relèverons les ancres après le passage de plusieurs grains. Petite navigation de 3 milles qui demande cependant une grande attention car il faut zigzaguer entre les reefs de corail.

Petit Bateau, Petit Rameau, Petit Tabac, Jamesby et Barradal, ces 5 petites îles inhabitées protégées du large par le Horse Shoe Reef, une grande barrière de corail, sont d'une grande beauté. Eau limpide, sable blanc, cocotiers, malgré le grand nombre de voiliers au mouillage, l'impression de paradis demeure. Ce n'est pas pour rien que les Tobago Cays sont considérés comme une des perles des Antilles.

 

Nous avions décidé de n'y rester que la journée et de partir pour Mayreau dès le soir, mais le coin est tellement beau que nous y restons pour la nuit. Un grain passe et nous donne de féeriques arc en ciel. Apéritif sur Jel et Jok en soirée.

Nous levons l'ancre à regret le dimanche matin pour Mayreau. Le moteur démarre de plus en plus difficilement, il faut près de 10 minutes pour que le démarreur se mette à tourner et entraîne le moteur. Dès que nous arriverons, il faut que je m'en occupe. Petite sortie en mer de 3 milles pendant laquelle nous rencontrons "Club Mediterranée II".

Mouillage à Salt Whistle Bay : une cocoteraie qui abrite discrètement les bungalows d'un hôtel, une très belle plage où les habitants de l'île ont organisé un barbecue en famille et en musique comme dans toute ces îles le dimanche. Une très étroite bande de sable ornée de cocotiers sépare la côte au vent de la côte sous le vent où nous sommes mouillés.

Didier de "Balum" est là. Nous l'avions brièvement rencontré à La Barbade où nous avions pris un apéro ensemble sur Merlin. Il a fait un passage par la Martinique, puis est ensuite redescendu sur les Grenadines (www.balum.net).

Balade l'après-midi sur l'île. Nous montons par une route très raide jusqu'à l'église qui est également le point le plus haut de Mayreau. Elle a été construite par un Père Dominicain français. La vue sur les Tobago Cays est superbe et nous l'admirons longuement quand un cri paniqué d'Emilie nous surprend, il me faut quelques secondes pour comprendre pourquoi elle saute partout en hurlant. Une énorme chenille noire à tête rouge et anneaux jaunes lui a grimpé sur le pied. Il me faut un petit moment pour immobiliser Emilie et chasser l'intruse. Elles sont nombreuses à recouvrir l'arbre qui se trouve sur la terrasse où nous nous trouvions et Emilie a hâte de quitter l'endroit.

 

Le reste de la promenade sera plus tranquille, et en rentrant au bateau, nous rencontrons à nouveau Didier. Valérie décide de l'accompagner pour aller sur un autre monticule d'où ils pourront photographier les bateaux.

J'en ai profité également pour chercher mon problème de moteur. Un raccord d'origine du faisceau électrique raccordant le moteur et le tableau de bord est complètement sulfaté, je coupe le tout et remplace par une barrette de domino. Tout remarche bien.

Nous ne restons ici qu'une journée, car nous continuons notre rapide remontée vers la Martinique. Jel et Jok remontent vers Bequia où nous nous retrouverons après demain, Didier part vers les Tobago Cays.

Lundi nous voit remonter vers Moustique, 17 milles dont nous faisons la moitié sous voile au près serré avec un bon force 4. C'est avec un certain plaisir que nous remonterons et doublerons un GibSea 43 tout neuf, bien plus gros et moins chargé que nous ! Après avoir viré l'île de Petit Canouan, nous sommes vent debout et continuons au moteur. Nous prenons un corps-mort à midi dans Britannia Bay.

Il est interdit de mouiller sur son ancre dans cette baie, la seule bien protégé de l'île, il faut prendre un corps mort payant, assez cher d'ailleurs. Moustique est une île un peu à part, 80 villas haut de gamme, propriétés du gotha planétaire, tels la princesse Margareth ou George Bush père, ou encore David Bowie, Mick Jaegger et Madona. L'île est un écrin de verdure parfaitement bien entretenu protégeant la tranquillité de ces habitants, le gazon taillé de frais occupe les espaces dégagés, de jolies maisons abritent la bibliothèque municipale (où nous pourrons consulter nos mails) et l'école primaire, des boutiques dans de jolies maisons aux couleurs acidulées proposent vêtements et décoration à des prix sûrement adaptés aux habitants de l'île, nous ne ferons qu'y passer ! Un baobab géant s'incline sur une petite église ouverte à tous les vents dans un charmant décor de parterres fleuris. Un hôtel 5 étoiles, le Cotton House occupe la demeure d'une ancienne plantation, dans une ambiance feutrée et de bon goût.

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Avant de rejoindre le bateau, nous assistons au coucher du soleil de la terrasse sur pilotis du célèbre "Basil's Bar", le bar incontournable de tout plaisancier qui se respecte. Audélie est aisément reconnaissable, c'est le plus petit bateau de la flotte au mouillage.D'ailleurs, le bateau qui prélève les paiements passe et repasse devant nous pour prélever sa dîme chez nos voisins et ne nous abordera pas. Peut-être a-t-il considéré que nous étions vraiment trop petit parmi tout ces gros yachts.

Nous quittons Moustique dès 8 h mardi pour Bequia (prononcer Békoué) distante de 7 milles que nous ferons, un fois n'est pas coutume, au portant. Nous passons entre Petit Nevis et l'île Quatre avant d'entrer dans Admiralty Bay.

Il s'agit d'une vaste rade et nous nous avançons le plus possible vers la petite ville de Port Elisabeth. La zone de mouillage est encombrée de corps morts et j'ai du mal à trouver un endroit ou poser mon ancre. Finalement j'accepte la proposition d'un boat boy et loue un corps mort, après tout, je n'ai rien payé à Moustique. Nous retrouvons Jel et Jok comme prévu et décidons d'aller visiter sur la côte Est la réserve de tortues dont Didier de Balum nous a parlé. Un taxi du genre des aluguers cap-verdiens nous y amène. Le propriétaire des lieux nous en fait les honneurs. Conscient de l'énorme mortalité des petites tortues à leur naissance, il en prélève autant qu'il peut, les élèves trois ans jusqu'à ce qu'elles soient assez grandes, puis les relâche ensuite sur une plage de Bequia où elles reviendront pondre à leur tour le moment venu. C'est un "hobby" qui lui coûte cher : chaque tortue lui coûte environ 200 US $ en nourriture pour les 3 ans, sans compter d'éventuels frais de vétérinaires. Il fait ça sur ces deniers propres, le modeste prix d'entrée ne pouvant pas couvrir les frais réels.

                 

Retour à Port Elisabeth ou nous visiterons une fabrique artisanale de maquettes de bateau. Chaque ouvrier est maître de sa maquette du début à la fin et son nom inscrit sur le modèle fini. Ce sont tous des artistes accomplis. Les prix de ces oeuvres splendides sont à la hauteur du travail qu'elles ont demandés, inabordables ! Nous effectuons aussi les formalités de sortie de l'état de Saint Vincent.

Nous avons décidé de suivre les conseils des guides et de tous les gens que nous avons rencontré et de ne pas faire escale sur l'île de Saint Vincent où l'accueil des plaisanciers est pénible par l'insistance agressive des boat boys. Nous avons donc 55 miles à faire pour monter à Sainte Lucie ou nous ferons juste escale pour la nuit avant de continuer pour La Martinique.

Mercredi matin à 5 h, Jel et Jok et Audélie sortent d'Admiralty bays. Le vent nous est de suite contraire et nous faisons route au moteur. 8 milles séparent Bequia de Saint Vincent. Ce canal est assez court et pas trop agité, et bien vite nous sommes sous le vent de Saint Vincent.

A 10 h 30, nous quittons l'abri de l'île pour franchir le canal séparant Saint Vincent de Sainte Lucie. Le vent est établi à force 5/6 et la mer nous gratifie de creux moyens de 2,5 mètres à 4 mètres. Toujours au moteur, le vent toujours de face. Le canal fait 25 milles. Audélie et Jel et Jok passent en force sous de multiples grains. Nous jouons beaucoup les sous-marins ou au contraire ne touchons plus l'eau quand l'eau se dérobe du sommet des vagues. Cette partie sera pénible.

A 17 h 30 nous jetons l'ancre dans Marigot Bay. La nuit tombe, il n'y a pas de vent dans ce lagon très bien protégée, le bateau est immobile. Jel et Jok, éprouvé par cette journée, décide de ne pas continuer à notre rythme. Ils resteront ici quelques jours pour se reposer.

Audélie repart dès le lendemain matin à 8 h. Le canal qui sépare Sainte Lucie de la Martinique fait 20 milles. A 9 h nous quittons la protection de l'île. Par opposition à hier, le ciel est bien bleu, plus de grain à l'horizon, par contre le vent souffle un peu plus et il est bien établi à 6 avec rafales à 7, la hauteur moyenne des vagues est de 3 à 4, 5 mètres. Encore plus pénible qu'hier. 3 ris dans la grand voile pour tenir un peu et le moteur. Nous sommes contents à 14 h d'entrer dans le Grand Cul de Sac du Marin en Martinique.

Je demande par VHF une place à la marina, la charmante voix qui me répond note ma demande et me dis d'attendre un peu en restant en veille sur le canal 9. Nous mouillons en attendant, et cette veille radio nous permet d'écouter de véritable passes d'armes entre des plaisanciers exigeant une place séance tenante en menaçant le port de toute sortes de choses désagréables, disant qu'ils n'avaient pas l'habitude d'être traités comme ça, etc... Nous avons trouvé ça pénible et choquant. Cela étant, les employés du port, habitués, restent polis mais fermes. En métropole, il peut être très désagréable de ne pas trouver de place dans un port, mais ici, on peut jeter l'ancre dans la rade où se trouve la marina, donc attendre ne pose aucun problème. D'ailleurs, de nombreux bateaux préfèrent rester au mouillage.

A 15 h on nous attribue une place. Nous pouvons enfin rincer le bateau à l'eau douce. Nous retrouvons aussi Patal avec grand plaisir, ainsi que Miloréva. Philippe et Isabelle arrivent après demain soir. Nous lourons une voiture pour aller les chercher.

La météo n'est pas formidable. Nous avions prévu de les amener à Sainte Lucie, mais il va falloir attendre que le vent se calme un peu. Nous verrons ça ensemble quand il seront là.

 

   
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