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Tenerife - Gomera |
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Depuis le 15 août, Toulouse et le Caousou nous ont procurés des occupations bien éloignées du monde de la navigation. Cependant les mails des bateaux rencontrés au hasard des escales nous permettaient de nous tenir au courant des programmes de navigation ou des séjours des uns et des autres. Si jusqu'à la mi-octobre, le boulot nous empêchait de trop penser à notre retour aux Canaries, les dernières semaines ont vu la pression monter petit à petit jusqu'à devenir une franche impatience, à gérer avec la sérénité indispensable avec les derniers dossiers du travail à traiter. Mais enfin, ce mercredi 29 octobre est arrivé, et Philippe, qui assumera mon remplacement au Caousou, est venu nous chercher pour nous amener à Matabiau prendre le train de 14 h 30 à destination de Barcelone. Arrêt dans toutes les gares entre Toulouse et Barcelone-Sants, c'est à 22 h que nous prenons un taxi pour nous conduire à l'aéroport, où nous avons décidé de passer la nuit (vu le tarif élevé des hôtels en ville) afin d'attendre l'avion qui nous amènera à Tenerife le lendemain à 11 h 40. Après un nuit à la dure sur le sol de l'aérogare, nous décidons d'enregistrer de suite nos bagages afin de pouvoir aller en salle d'embarquement où nous supposons les banquettes plus confortables pour attendre l'avion. Nous présentons les billets à l'embarquement où l'hôtesse nous gratifie de ce charmant sourire professionnel qui précède les problèmes. "Je ne peux pas embarquer vos bagages pour un avion qui ne part que demain", nous dit-elle en espagnol. De quoi parle-t-elle ? On regarde, on vérifie, on se dit qu'il y a une erreur sur un des billets, on les vérifie tous... Pas de doute ! Nous avons ces billets en notre possession depuis plus de six mois et bien que je les ai regardés souvent, ça n'a jamais fait "tilt". On s'est "planté" sur le jour, ils sont pour demain, et comme on les a obtenus à un tarif hyper compétitif, ils sont bien évidemment non modifiables. Après un moment certain de flottement, et devant le fait que les hôtels locaux n'ont pas dû baisser leurs tarifs au cours de la nuit, nous décidons de louer une voiture pour nous éloigner un peu de Barcelone afin de prendre un hôtel et de nous reposer en attendant demain. Dès 8 h nous quittons l'aéroport avec notre voiture, direction le Sud. Après quelques kilomètres, nous repérons un hôtel IBIS appartenant au groupe ACCOR qui possède aussi la chaîne économique FORMULE 1. Le réceptionniste est français, et compatissant à notre mésaventure, il téléphone au FORMULE 1... Complet ! Chez lui, la contrainte c'est 3 maximum par chambre, donc il nous en faut deux... prohibitif ! Il nous dit alors, "Attendez, j'appelle le NOVOTEL, puisque c'est le seul hôtel du groupe à pouvoir vous accueillir à 4, je vais vous arranger ça au meilleur prix !" Un coup de fil plus tard, il nous donne un plan et nous envoie dans le Novotel luxe de Barcelone pour le prix d'un 2 étoiles. Et bien finalement, contre mauvaise fortune (l'opération location auto + hôtel nous revient tout de même un peu cher), faisons bon coeur (une chambre de luxe après une nuit sur le carrelage de l'aéroport dans les effluves des toilettes proches, ça a quand un côté bien agréable !). Après un petit somme, nous rejoignons Barcelone pour un après-midi touristique. Nous adorons cette ville, y sommes déjà venus plusieurs fois en voiture ou en voilier mais n'avions jamais visiter la Sagrada Familia. Le chantier de cette cathédrale est très actif, et on imagine qu'il ne doit pas être simple pour le chef des travaux de concilier avancement des travaux et sécurité des visiteurs. Emilie et Valérie font l'ascension à pied. L'escalier en colimaçon est très étroit, à sens unique, et avec le vide à l'intérieur sans rampe. Il donne l'impression de tourner sur soi-même et de retour en bas Valérie a les jambes en coton. Gaudi a vraiment été un architecte original : moderne ? baroque ? gothique ? Nous avons adoré et ne manquerons pas la prochaine fois de partir à la découverte d'autres réalisations.
Le soir, pique nique à l'hôtel, puis dodo. Le lendemain, l'avion nous amène sans problème à Tenerife. Un taxi pour rejoindre le port, débarquement des bagages sur Audélie "qui va bien", et de suite nous repartons en taxi au centre commercial Carrefour pour faire l'avitaillement, il y a urgence, demain c'est le 1er novembre et tout sera fermé pour le week-end. Une heure et demi plus tard, re-taxi dont nous remplissons le coffre de nos sacs. Le bateau a le cockpit plein de sacs, de bidons d'eau et d'avitaillement, le carré déborde de nos 80 kg de bagages, nous avons le sentiment bien ancré que tout ne rentrera pas, et on est crevé ! De plus le temps est gris et il ne fait pas si chaud que ça ! Coucou ! Voilà Sylvain et Michelle de Patal (rencontrés à Malaga cet été), qui nous guettaient, en effet, il était prévu que nous soupions chez eux hier soir, et je leur avais envoyé un mail de Barcelone pour les informer de notre mésaventure. Ils ont mis la paella d'hier de côté, et nous attendent donc. Nous décidons de tout rentrer en tas dans le carré en laissant juste un passage vers les cabines, et remettons à demain le rangement ! Soirée agréable sur ce superbe Carol, ou nous commençons à nous détendre un peu du tourbillon du voyage. Sylvain et Michelle, sont ici depuis début septembre et comptent y rester jusqu'à Noël où ils recevront leurs enfants avant de traverser ; nous nous donnons rendez-vous en Martinique à la mi-février. Samedi, journée rangement, tout est rentré finalement, pas si facilement, mais ça y est ! Avant de partir faire les courses hier, j'avais mis le frigo en marche, et maintenant, il faut bien se rendre à l'évidence, il est en panne ! Et bien sûr, nous avons acheté des produit frais pour au moins 15 jours ! Tant pis, en attendant des solutions, nous achèterons de la glace tant que ce sera possible, et ensuite... nous nous en passerons.
Il n'y a pas de vent et le moteur prend le relais. Tenerife s'éloigne doucement, et le Teide, pour le moment orphelin de son petit nuage personnel, nous gratifie de paysages majestueux. La houle de son côté, bien que très ample, donne un mouvement au bateau qui perturbe après un début pourtant prometteur, le beau travail de l'école, Emilie commence par sortir dans le cockpit, avec son Tuperware, au cas où..., puis elle reprend son travail. Claire sort à son tour un peu étourdie. Le travail se finira malgré tout, mais Emilie vomira et Claire et Valérie mettront un bon moment à reprendre des couleurs naturelles.
C'est à 12 h 30 que nous faisons notre entrée dans le port de San Sebastian de la Gomera, il paraît bien plein ! Un marinero nous fait mettre à couple d'un bateau, le temps de voir s'il peut nous attribuer une place, et l'amarrage n'est pas terminé que nous sommes hélés d'une forte voix du ponton d'en face "OHE AUDELIE". C'est Frédéric, de Artemo, qui nous attendait pour ces jours-ci. On nous attribue une place (la dernière du jour) sur le même ponton qu'Artemo, et les filles filent immédiatement rejoindre leurs copains Julien et Jacques. Retrouvailles sympas et tant attendues.
Artemo, qui est ici depuis le 14 août, nous attendait avec l'idée que l'on pourrait peut-être faire un bout de chemin ensemble, aussi décidons nous de partir pour SAL au Cap Vert lundi 10 novembre. En attendant, repos, réaclimatation à la météo plutôt estivale, cours du CNED le matin, plage et balade en ville l'après-midi. Pas mal de temps passé aussi au cyber-café, nous recevons de nombreux mails très sympas de tout le monde et nous mettons un point d'honneur à répondre à tous. Nous faisons connaissance avec Jean-Luc, France et leur fils Christopher, qui ont largué les amarres sur une jonque chinoise appelée "Au delà du Délire" qu'ils ont fait immatriculer en Belgique à Knokke Le Zoute. Le courant est passé tout de suite, et leur escale ne durant qu'une journée, nous n'en profiterons pas beaucoup. Nous les connaissions déjà par la lecture de leur site Web qui est hébergé par Hisse-et-ho.com. Bon vent à vous et rendez-vous fin août 2004 à Toulouse ! Une voiture est louée le jeudi 6, le tour de l'île est au programme. La Gomera est une île parfaitement ronde de 370 km2 dont les 2/3 sont recouverts d'une luxuriante végétation, sur la côte Nord particulièrement , toujours à cause des alizés, la côte Sud est plus aride,
Le parc de Garajonay : Gara et Jonay sont les noms des Roméo et Juliette locaux, du temps des Guanches, la population d'origine des Canaries avant l'arrivée des espagnols qui les exterminèrent. Ce parc présente une flore intéressante dont une cinquantaine d'espèces est endémique et différents types de forêts qui varient en fonction de l'altitude et de l'orientation, le bosque del Cedro est pour le moins inattendu sur cet île à la latitude du Sahara, il ressemble à une forêt vierge avec ses arbres aux branches desquels pendent des guirlandes de mousse.
On continue la visite par Valle Gran Rey, une vallée splendide plantée de palmiers et de bananiers qui descend jusqu'à la mer. Sur nos côtes, ce serait une station estivale de premier plan, mais ici juste une plage dans un paysage grandiose, quelques hôtels, et quelques boutiques où les clients ne se bousculent pas, peut-être n'est-ce plus la saison pourtant l'eau est encore à 23°. La raison de cette tranquillité touristique s'explique aussi par le fait que La Gomera ne dispose pas d'aéroport, on vient ici en ferry, les tour-operators n'y déversent pas ses charters. Sur les sentiers du Parc Garajonay, on a croisé surtout des amateurs de VTT et des randonneurs, attirés par la Nature de l'île. Arrêt également dans une bodega, où nous faisons un "complément d'avitaillement". Cesar Manrique, célèbre architecte des Canaries, a laissé ici quelques bâtiments superbes, parfaitement intégrés au paysage, tel ce restaurant tout de vitres et de pierre enchâssé dans la falaise, et qui lorsque l'on regarde la falaise d'en face, se remarque à peine.
Pendant cette balade, nous avons rencontré un Français, jeune retraité, dont la passion depuis sa jeunesse est de visiter des îles, toutes les îles le passionne, des Australes aux Tropicales, et sa passion et son enthousiasme forcent l'admiration, il en est à sa 331ème, et il ne s'agit pas d'y aller pour dire qu'il l'a fait, non, il la visite méticuleusement, y passe plusieurs jours, chez l'habitant si possible. Son amour des îles lui a même fait acquérir l'un d'elles en Ecosse au temps de sa jeunesse, pour la modique somme de 10 livres sterling ! Et le plus amusant, c'est qu'il a peur de partir en bateau ! De retour au port, Artemo nous invite au resto chinois. Soirée agréable, ou le hasard nous met comme voisin de table notre français visiteur d'îles. Après une semaine d'école, Valérie, la tutrice selon les termes du CNED, fait un premier constat : gérer 2 élèves en même temps sur 2 niveaux différents quand on n'est pas formé pour, c'est pas "de la tarte". Pour commencer les démarches ne sont pas tout à fait les mêmes : en CE1, l'élève travaille selon les indications que lui donne son tuteur que lui-même extrait de son agenda-tuteur, en CE2, l'agenda est celui de l'élève, une démarche vers l'autonomie ; et surprise, Emilie semble adhérer même si elle ne peut pas s'empêcher de demander "mon trait de soulignement, je le fais en bleu ou en vert ? " "Je tourne la page ou je continue à écrire sur celle-là ?"... Manière d'exister quoi ! Ensuite, il n'y a pas de corrigés proposés en CE1 et des fois, quand on se demande bien où veut en venir l'énoncé, on serait bien content de s'y reporter, et pourtant en primaire on suit encore... Après les matinées du CNED, l'après-midi les filles jouent avec leurs copains, et n'hésitent plus à entamer la conversation avec d'autres bateaux, ensemble ils enchaînent jeux de société, courses, baignade, traquent le poisson ; ce port est incroyable, hormis les mulets communs à tous les ports de plaisance, on y observe de nombreux barracudas, des raies de bonne taille s'y aventurent et Julien y a même vu ce matin une grosse tortue de mer !). La préparation du bateau en vue de notre traversée pour le Cap Vert s'intensifie, elle doit durer environ 6 jours. Départ prévu avec Artemo lundi 10 novembre. Plus de 600 ans après Christophe Colomb, comme lui, nous finissons notre avitaillement à la Gomera avant la traversée, on sera ainsi autonome pour l'escale au Cap Vert. Ce samedi soir nous prenons l'apéro sur Nérée, un voisin de ponton à St Cyprien déjà croisé à Santa Cruz et qui partira dans quelques jours pour une traversée directe vers la Guadeloupe. Olivier ira dimanche au cyber café pour mettre en ligne cette partie du voyage.
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